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Soirs londoniens

J'ai rêvé depuis toujours. De ces soirées qui s'étendent, de ce chaos, d'inconnus qui dansent, du bruit qui recouvre mes larmes... Mais je n'en ai jamais assez, maintenant. Mes soirées de solitude me blessent encore plus, par contraste. Dans cette ville étrangère, j'attends une main amie. De rencontre en rencontre, je vis l'éphémère, j'échange quelques mots, je sympathise, je vois tous ces gens passer, éclairer un instant, et me laisser dans le vide auquel je suis condamnée. Ils me sourient aujourd'hui, ils m'oublieront demain. J'aurais beau courir partout, il faudra bien quelques moments avec moi-même. Je ne peux pas danser toutes les nuits.

Et je n'y arrive pas. Il n'y a même plus les mots pour m'aider. Mon écriture s'est desséchée depuis longtemps. Elle s'affaiblit, pourrit sur place. Par ailleurs, je sens que je vais finir comme le premier Wittgenstein. A croire que le problème de la philosophie est résolu quand on réalise que les questions n'avaient pas de sens, et qu'il faut cesser de se les poser. 

J'ai peur. Peur de ces amitiés d'une heure ou deux. Peur de n'avoir personne sur qui compter, si pour un instant je ne peux plus compter sur moi-même. Parce que non, contrairement à ce que j'entends parfois, on ne peut pas toujours compter que sur soi-même. On a besoin des autres. Plus j'ai peur, moins je peux me construire, moins la nouveauté peut surgir. Pourtant, je fais des efforts, je vais apprendre le Portuguais, je vais faire du sport - et quel sport ! -, j'ai d'autres projets aussi... 

Mais on m'avait prévenue. La baisse de moral est au bout de deux semaines environ. J'y suis.

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